J’utilise une pierre d’alun depuis quelques années.
Au début, je l’avais achetée pour en faire un après-rasage. Remarque : méfiez vous si vous en achetez : le coût peut passer du simple au triple, ou 5 fois plus si vous l’achetez dans un conditionnement spécifique style pierre « en tube ».

Malheureusement, son astringence est difficilement supportable : les pores de la peau se « regrignent » pire qu’une pomme d’api en hiver !
Ça passe vite mais c’est pénible ! Pire que de l’alcool ! Moi qui avais abandonné les après-rasages alcoolisés ! (finalement la nature est bien faite : l’eau, c’est pas bon à boire mais c’est bon pour la peau, l’alcool c’est le contraire. Moi j’aime bien la nature !
J’ai donc abandonné son usage y compris en déo (pour la mêmes raison : le fait de fermer les pores ne me semble pas compatible avec la transpiration)

Anecdote : le vendeur m’assura que les jeunes femmes « ayant vécu » avant leur mariage, s’en servait pour resserrer le « pertuis » et conserver à leur mari leur bonne humeur !

Par contre, elle me sert chaque fois que je me coupe ou en cas de bouton sur le nez !
La pierre d’alun est formidable sur la conséquence des problèmes de peau de type boutons, éruptions etc. Par contre, elle ne fait rien contre la cause ! Donc attention à ne pas masquer un dérèglement plus profond.
La mention d’aluminium dans les déodorants m’a fait réagir parce que moi, j’entends aluminium dans alun…

Donc voici un florilège de mes découvertes sur le net.

D’abord, un peu d’histoire :

http://www.france-pittoresque.com/
Chronique « Faune/Flore »
http://www.france-pittoresque.com/faune/41.htm

UTILISATION, FABRICATION DE L'ALUN
(D'après un article paru en 1835)

L'alun est un minéral d'un grand usage dans les arts. Incorporé au papier, il l'empêche de boire en formant un vernis qui ne permet pas à l'encre liquide de pénétrer dans la pâte. Il est employé pour conserver les poils aux pelleteries, pour retarder la putréfaction des matières animales, pour donner de la fermeté au suif des chandelles.

La chirurgie s'en sert à l'état d'alun calciné pour ronger les chairs ; la médecine le prend comme astringent. Mais c'est surtout dans les teintures que son emploi est à la fois le plus important et le plus étendu : il forme le principal mordant que le teinturier ait à sa disposition pour fixer les couleurs sur les étoffes.

L'emploi du mordant est, comme l'on sait, une des bases de l'art du teinturier ; les matières colorantes ont rarement une grande affinité pour la substance organique à laquelle on veut les fixer ; la plupart d'entre elles seraient entraînées par l'eau des lavages, et l'étoffe se déteindrait promptement, si l'on ne se servait de certains intermédiaires qui, ayant à la fois une affinité vigoureuse et pour les fibres organiques du tissu et pour les matières colorantes, servent de lien entre les uns et les autres, en fixant d'une manière indestructible la couleur sur l'étoffe. Ce sont ces intermédiaires qui ont reçu le nom énergique de mordants : les oxydes d'étain et de fer, le tan, et surtout l'alumine qui entre dans l'alun, sont les substances qui réussissent le mieux.

Source d'alun

L'alun était également exporté vers certains pays d'Asie où on l'utilisait dans la préparation des tapis d'Orient. Le mégis, bain de cendre et d'alun qui était employé pour mégir les peaux, donna son nom au mégisseur, qui mégit les peaux, c'est-à-dire prépare les peaux blanches - peaux de mouton et autres peaux délicates - qui servent à faire des gants ou qui doivent conserver leurs poils. Il servait également à l'amendement des vignobles croissant nombreux autrefois au flanc des collines mosanes, ou encore dans la préparation du plâtre comme durcisseur.

L'alun est un sel blanc, d'une saveur astringente, formé d'acide sulfurique, d'alumine, de potasse ou d'ammoniaque ; pour employer le langage chimique, c'est un sulfate double composé de sulfate d'alumine uni à un sulfate alcalin de potasse ou d'ammoniaque. Au sulfate double d'alumine et de potasse est réservé spécialement le nom d'alun ; si l'on veut désigner l'autre, on emploie le terme d'alun ammoniacal. Les savants ont reconnu seulement vers 1750 que l'alun contenait une terre (l'alumine) exactement semblable à celle qui fait la base de toutes les argiles ; la présence de la potasse et la véritable composition du sel n'a été reconnue que plus récemment encore, par Vauquelin et Chaptal. C'est de cette époque surtout qu'il fut possible à un grand nombre de fabricants nationaux de s'affranchir d'un tribut onéreux payé à des étrangers, en préparant eux-mêmes de toutes pièces l'alun dont ils avaient besoin.

L'alun se produit naturellement en plusieurs lieux, où il se forme par la réaction des substances sulfureuses, alumineuses et alcalines. Il effleurit à la surface du sol mêlé avec d'autres terres ; on le trouve ainsi abondamment dans les déserts de l'Egypte, en quelques localités de Bohême et de Saxe. Il existe encore de la même manière près de certains volcans, dans le royaume de Naples, dans l'archipel de la Grèce, à la Guadeloupe ; enfin il se forme dans des houillères embrasées.

Collet-Descotils
On peut aussi obtenir l'alun en traitant convenablement les substances minérales connues sous le nom d'alunites, qui renferment les éléments constitutifs de l'alun. C'est ainsi que les pays favorisés de ces substances, la Hongrie, et surtout la Tolfa dans les États Romains, produisent le sel estimé qu'elles livrent au commerce. Né à Caen en 1773, Hippolyte-Victor Collet-Descotils, ingénieur en chef au corps royal des mines, membre de l'Institut d'Egypte, et de plusieurs Académies et Sociétés savantes, fut chargé en 1813 d'aller inspecter et organiser les célèbres mines d'alun de la Tolfa.

La Syrie a conservé pendant longtemps le privilège exclusif de fabriquer l'alun, dans la ville de Rocca d'où provient la dénomination d'alun de roche. Vers le quinzième siècle l'Europe disputa à l'Orient les bénéfices de la fabrication, qui fut bientôt établie dans toute l'Italie. D'autres exploitations s'élevèrent successivement en Allemagne et en Espagne.

Il s'en établit une en Angleterre vers l'an 1600 : les produits en sont impurs, contenant, outre une quantité de sulfate de fer plus considérable que ceux des autres contrées, une matière animale huileuse. Néanmoins, la découverte d'une localité propre à la fabrication de l'alun fut considérée en Angleterre comme fort intéressante ; elle fut due à sir Thomas Chaloner. Dans un voyage en Italie, ce gentilhomme, parcourant la Solfatarra, avait soigneusement examiné le mode de fabrication et les substances minérales que fournissait le sol ; il s'était particulièrement attaché à reconnaître le caractère du terrain et les effets de la végétation ; n'examinant au reste, dit-on, toutes ces choses que par suite de ses habitudes d'observation et sans nourrir aucune arrière-pensée.

Quelques années après, en passant dans les environs de Guisborough, sir Thomas Chaloner observa, dit Camden, que la verdure des arbres y était d'une nuance plus faible qu'ailleurs ; que les chênes poussaient de fortes racines, mais ne les enfonçaient pas profondément en terre ; que le sol était formé d'une argile blanchâtre, marbrée de plusieurs couleurs jaunâtres et bleues ; enfin, il reconnut par une foule d'indices que le pays était doté d'une mine d'alun. Il se passa longtemps avant que les procédés industriels les plus convenables à la nature de la mine fussent définitivement trouvés ; les difficultés de détails ne furent entièrement levées que par l'assistance de Lambert Russell et de deux ouvriers français de La Rochelle.

En 1767, Jean-Étienne Guettard et l'un de ses élèves les plus brillants, Antoine-Laurent Lavoisier, fondateur de la chimie moderne, entamèrent ensemble une expédition scientifique dans les Vosges. Ils entreprirent de former à Ronchamps une fabrique d'alun, et voici comme on opérait selon eux : « on concassait grossièrement le schiste alumineux, et on en formait de longues planches ou couches pyramidales, disposées en toit par le haut ; on entremêlait avec ce schiste des morceaux de charbon de terre, et on ménageait du jour pour la circulation de l'air. Lorsque tout était ainsi disposé, on mettait le feu au tas, et on laissait la masse s'affaisser et s'éteindre d'elle-même, ce qui n'arrive que quand tout le charbon de terre est consumé.

« Il se dégage beaucoup de soufre dans cette opération, et ce soufre était perdu lorsque nous visitâmes cette fabrique ; mais on se proposait de le recueillir dans la suite, et d'en tirer parti. Lorsque le schiste a été ainsi calciné, on le transporte dans de grands bassins carrés, creusés dans la terre et revêtus de planches, dans lesquels on le lessive en remuant avec un ringard ; de ces fosses, l'eau est conduite, par des canaux de bois, dans de grands réservoirs où elle s'épure, après quoi elle tombe dans des chaudières de plomb très épais, qui forment des carrés très allongés; la liqueur est rapprochée, dans ces chaudières, jusqu'à ce qu'elle soit au point de cristallisation ; enfin on la met à cristalliser dans de grandes caisses de bois. »

Ensuite, un peu de chimie :

http://www.periodictableonline.org/archi.htm

TABLEAU PERIODIQUE DES ELEMENTS : 13 Al
Aluminium

SA PRESENCE
L'aluminium est par importance le 3ème élément constituant l'écorce terrestre; celle-ci en contient 8,23 % jusqu'à une profondeur de 16 km.

Les minéraux les plus importants sont:
l'albite NaAlSi3O8
l'aluminite Al2(SO4)(OH)4.7H2O
l'alunite ou la pierre d'alun (SO4)3.4Al(OH)3
l'alunogène Al2(SO4)3.17H2O
la bauxite AlOx(OH)3-2x, 0 < x < 1 …

SON NOM
Le nom dérive du latin alumen, ce qui signifie amer. Le nom a été attribué à cause du goût amer de la pierre d'alun qui était utilisée dans l'Antiquité par les égyptiens, par les grecs et par les romains comme agent hémostatique. On utilise également l'alun lors de la teinture de la laine et lors du tannage. Sir H. Davy a proposé le nom "aluminum" (nom que l'on utilise toujours en Amérique du Nord dans des publications officielles); en 1925, il a été remplacé par le nom "aluminium".

Le nom du minerai le plus important, la bauxite, provient du lieu-dit "Les Baux "dans le Midi de la France où ce minéral a été découvert pour la première fois (en 1821 par P. Berthier).

… un peu de pub…

http://www.portail-beaute.com/Performen/deo2.htm

Découvrez les propriétés incroyables de la pierre d'alun

100 % NATUREL, SANS COULEUR, SANS ODEUR
ET POURTANT D'UNE EFFICACITE INCOMPARABLE !

Formée de cristaux de sels minéraux naturels, la pierre d'alun a la faculté d'inhiber la formation de bactéries malodorantes sur la peau.

C'est une substance 100% naturelle, formée de cristaux transparents, tirée de la Bauxite. La charge ionique négative du potassium alun et sa structure moléculaire particulière font qu'elle ne peut être absorbée par les cellules de la peau, ce qui la rend absolument inoffensive, contrairement à d'autres composants d'aluminium parfois utilisés dans les anti-transpirants usuels.

Les avantages d'un déodorant à la pierre d'alun

Propriétés hypoallergéniques L'absence de produits chimiques, de parfum, d'alcool en fait un produit parfaitement toléré par tous, même par les peaux les plus sensibles. Plus de réactions allergiques, plus d'auréoles sur les vêtements.

Aucun danger pour la santé Il ne bloque pas la transpiration et permet à la peau de respirer normalement. Il ne pénètre pas dans l'organisme. Il empêche simplement les bactéries de se former. Ce sont ces bactéries qui sont la cause des odeurs désagréables.

Sans odeur Il vous évitera la triste expérience d'un additif parfumé qui tourne en odeur désagréable dans la journée au contact de l'acidité de la peau. Pas de risque de mélange incompatible avec l'odeur de votre parfum préféré (crème corporelle, eau de toilette, after shave etc.).

Facile d'utilisation Simplement appliquer au sortir de la douche sur la peau humide (aisselles, pieds...) puisque la pierre est soluble dans l'eau.

Economique Une pierre de 60g a une durée d'utilisation d'environ une année...soit 12 déos traditionnels!

Ecologique Ce produit est complètement dénué de toute substance additive chimique. Il est donc 100% naturel. Pas de tests cruels sur les animaux.

Remarquablement efficace Il assure fraîcheur et propreté tout au long de la journée. Ceux qui l'ont essayé l'on définitivement adopté.

Enfin, un peu d’alchimie…

http://perso.club-internet.fr/hdelboy/atalante_iv.html

a)- L'alun est employé depuis très longtemps en teinture. Jusqu'au XVe siècle, il était exclusivement préparé à Constantinople, et c'est vers le milieu de ce siècle que la fabrication de ce produit prit de l'extension en Europe. Rappelons que ce sel a été employé dans les Indes de toute antiquité et dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Jusqu'au XVe siècle, c'était - outre Constantinople, d'Alep et de Rocca [Roche, aujourd'hui Edesse], près de Smyrne, qu'il était importé. Un marchand Génois, nommé Perdrix, qui avait beaucoup voyagé en Orient, et qui s'était arrêté quelque temps à Rocca, établit sur l'île d'Ischia la première fabrique d'alun, vers le milieu du XVe siècle. A la même époque, un autre Génois, Jean de Castro, frappé des analogies qu'il remarquait entre les terrains de Rocca et ceux de la Tolfa, rechercha et ne tarda pas à découvrir l'alunite, ou pierre d'alun. Déjà, du temps de Bernard Palissy, on s'expliquait le mode d'agir de l'alun dans le fixage des couleurs :

"L'alun qui est un sel, attire à soi les couleurs du Brésil, de la galle et autres matières, pour les donner aux draps, aux cuirs ou soies, tellement que les teinturiers, quelquefois voulant teindre un drap blanc en rouge, le trempent dans de l'eau d'alun ; le sel d'alun étant dissous dans l'eau sera cause que le drap recevra la teinture que l'on lui aura préparée, et un autre drap qui ne sera pas trempé dans l'eau d'alun ne le pourra faire ; le sel donc est une chambrière qui ôte la couleur à l'alun pour la bailler à l'autre."

On pourrait presque dire qu'en spagyrie, c'est exactement ainsi que l'alun est considéré par l'alchimiste : un médiateur, un transmetteur. L'alun a, par nature, vocation à exercer le métier de Mercure, de « christophore » si l'on nous permet ce néologisme. Le chimiste Pierre Macquer est allé encore plus loin en disant que :

"L'alun est l'âme de l'art de la teinture ; sans lui, toutes les teintures ne seraient qu'un mauvaix barbouillage, que le simple lavage à l'eau serait capable d'emporter."

Or, transposé dans l'art d'alchimie, cette remarque apparaît vraie et profonde. Nous ajouterons seulement que l'alun, sel double, contient une partie du Mercure commun [cf. section Fontenay] ; c'est ce Mercure commun qui sera animé par l'infusion du Soufre rouge, que l'on trouve souvent dans l'alun impur, défaut pour le fabricant du sel, qualité majeure pour l'alchimiste. Quant au lavage à l'eau, il est parfaitement exact de dire que, sans les éléments contenus dans l'alun, le Soufre ne pourrait jamais imprégner le Corps par accrétion [le Corps est le squelette de la Pierre, déjà présent en substance dans le Mercure commun]. C'est le chimiste Baron qui émit à l'Académie des sciences l'opinion que la terre de l'alun devait être métallique, ce que les grands alchimistes devaient connaître depuis déjà bien longtemps...Quoi qu'il en soit, ce sel a porté successivement les noms de vitriol, d'argile, vitriol d'alumine, alumine vitriolée, remplacés aujourd'hui par la dénomination vulgaire qu'on lui connaît. En dehors de l'alunite ou pierre d'alun, on prépare ce sel en exposant à l'air des schistes qui représentent l'un des dragons écailleux dont parlent les textes [l'autre acception recouvre le Mercure dans son premier état]. Ces schistes peuvent avoir l'apparence d'une terre ou d'une cendre noire, ce qui accuse davantage, s'il était besoin, leur intérêt hermétique. L'alun, si utile à la teinture, est non moins indispensable à l'alchimiste qui y voit l'une des trois Terres, révélées par Fulcanelli sous le triptyque de Cérès, Déméter et Cybèle. Nous dirions qu'il tient à la fois de Cybèle et de Déméter, parce qu'il a en lui un principe de dissolution et un principe de germination. C'est en précipitant le Soufre rouge du double Mercure, en présence de la terre de l'alun, que l'on se procure la laque minérale, premier état de la Pierre. On a aussi reconnu que l'alun est un principe de jonction entre l'Eau et le Feu : en 1830, M. le Chevalier Origo, colonel des pompiers de la ville de Rome, s'est aperçu que l'eau saturée d'alun et tenant en suspension de l'argile, éteignait beaucoup plus vite les incendies que l'eau ordinaire.